Ce blog présente les élucubrations de deux amis d'enfance. Contes et légendes farfelus, écris à deux mains, de l'espace ou d'ailleurs.
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Et Bill s'élança sur les traces de salive du rat.
Les traces débouchaient sur une trape. Bill passa la tête dans un corridor vérifia que le rat n'était pas là, se jeta dans le corridor et courrut en suivant les traces. Rien n'aurait pu arrêter Bill sur sa lancée. Il faisait de grandes enjambées, pressé de rattraper le rat. Sûr de le croiser bientôt dans la pénombre, quand il voyait une silhoutte bouger il vidait son chargeur en courant, dépassait la forme qui s'affaissait et changeait de chargeur dans le même mouvement. On put entendre un stagiaire hurler dans les corridors "A terre ! Y a un malade qui nous flingue !" ou "Faites gaffe au forcené !".C'est la sensation du filet de bave qui coulait sur son menton qui fit reprendre ses esprits à Mezouk. Durant tout ce long flash-back mental il était resté debout le regard dans le vide, la bouche pendante, si bien que malgré l'attention portée aux chefs d'équipe qui donnaient les instructions, pas mal de personne le regardait curieusement.
Il reprit ses esprits à temps. Il n'y avait que lui et Mak de l'équipe d'intervention zone 5 ce jour là, et il n'avait donc pas d'instruction de groupe à donner. Il avait raté l'organisation des trois premières équipes mais à présent Bill Tcherno allait prendre la parole et l'attente dans le groupe de technicien devint palpable.
« Messieurs, bien que personne ici ne sache encore à quoi correspond cette diminution du volume de fumée, pas besoin d'être Sherlock Holmes pour deviner qu'il y a des boulons dans la soupe... l'équipe d'intervention 1 va donc partir examiner le réseaux hydraulique afin de vérifier qu'aucun acte de malveillance ne soit à l'origine de ce dérèglement. Pour les équipes 2 et 3 j'ai pas bien écouté mais ça sonnait stratégique. Moi et mon équipe on va contrôler les sous-sols -4 et -5. Histoire d'être sur qu'aucuns prétendants au trône de rongideux 1er, ou autres, ne veuille du rab de pruneaux. j'me comprends. Je pense que tous les rôles ont été distribués, messieurs dispersez-vous mais surtout restez groupés. Les jeunes vous z'êtes trop jeune pour vous douter mais disons que j'ai pas envie d'un nouveau carnage à cause de l'amateurisme de certains. Y'a qu'les anciens qui saisissent les tenants et les z'aboutissement, ouais j'me comprends ».
Sur ce Bill tourna sur ses talons et s'élança dans l'air encore frais de la matinée finissante, les membres de son équipe en combinaison rouge sur ses talons. Ils n'avaient pas fait 10 mètres qu'une voix s'éleva du groupe des techniciens qui renâclaient à partir ; « et attendez ! L'équipe d'intervention zone 5, ils font quoi alors ? ».
Tous les regards convergèrent vers Mezouk et Mak qui, la tête rentrée dans les épaules, étaient en train de partir en douce en rasant le mur du bâtiment C.
Publié par argonautes à 11:52:07 dans Mezouk Agilix | Commentaires (3) | Permaliens
Ceci est appellé dans le jargon "le coeur de la marmitte", parce que c'est ici que circulent quelques infos bien secrètes sur les histoires en fabrication.
Merci de présenter votre badge avant d'entrer.
Bien que cet espace soit plus précisément réservé aux auteurs, vos commentaires sont les bienvenus, peut-être parviendront-ils à influencer le destin de quelques personnages...
Publié par argonautes à 08:51:55 dans Dialogue au coeur de la marmitte | Commentaires (12) | Permaliens
Un matin peu banal, Lebon Flair, jeune homme de 19 ans, fait le tour des remparts de sa ville. A un endroit le rempart s'était écroulé et un bloc de pierre énorme bouchait le sentier, Flair le contourna et vit une main violette dépassant du rocher. La main était crispée sur un vieux parchemin. Au centre du mur éventré un petit coffre de bois était visible. Flair ouvrit le coffre et vit à l'intérieur une paire de lunette d'apparence banale et couverte d'une fine couche de poussière. Il s'en empara, les essuya délicatement et les posa sur son nez. Il était dans la rue, seul par cette heure très matinale et il ne remarque rien ; les lunettes ne grossissait pas la vue. Un peu dépité il s'apprêtait à partir lorsqu'il se souvint du vieux papier dans la main violette de ce qui devait un myope malchanceux. Il défroissa le papier et lu...
Dans la ville endormi baigné par la lumière du jour naissant, quelques lève-tôt purent entendre un cri lointain qui venait des remparts : « YOUPIIII !!! »
Lebon Flair parti en courant et en sautant de joie tandis qu'on pouvait lire sur le vieux papier jeté par terre « Carte du coffre aux lunettes qui voit le gens tout nus ».
Flair déambula en ville avec ses lunettes sur le nez. Les rues étant désertes il décida de passer prendre des pains aux chocolats à la boulangerie. Il n'y avait personne dans la boulangerie et il appela Georgette, la grosse boulangère... lorsqu'elle arriva derrière le comptoir il poussa un cri d'horreur les yeux figés sur son énorme ventre. Elle s'écria « Mais oh ! » et lui mit une mite. Il ramassa ses lunettes et s'excusa « Fuis Déffolé », et s'apprêta à partir lorsque Lili, jeune paysanne du coin entra, fine, longue, mince aux formes gracieuse et enchanteresses. Flair, la joue enflée, les yeux exorbités, scruta de haut en bas puis de bas en haut la jeune fille. Un filet de bave s'échappa de son sourire béat. Une rapide gifle (provenant de Lili) siffla et fit voler ses lunettes. Georgette la boulangère, qui avait déjà fait le tour du comptoir les rattrapa au vol. Puis il saisi Flair par le col et le jeta dans la rue. Georgette dit à Lili « ça va ma petite t'en fais pas, si ch'abruti là y r'vient j'ui en colle une terrible ! D'ailleurs comme j'ai ses lunettes y r'viendrai qu'ça m'étonnerait point ».
En effet à l'instant même Flair entra timidement dans la boulangerie ; « efcuvez-moi, pourrais-ve reprendre mes lunettes ? ». Il reparti dans la rue sans toucher le sol. Flair se releva furieux et hurla à la boulangère (une fois au bout de la rue) : « J'm'en fous ! Je reprendrai mes lunettes ! ».
2 heures plus tard Flair revint dans la boulangerie affublé d'une fausse barbe, d'un chapeau et de lunettes de soleil. Il demanda une baguette et scruta le magasin à la recherche de ses lunettes et finit par les trouver, poser sur une table derrière le comptoir. Prenant une voix grave il s'exclama :
« Mais ça alors ! que font mes lunettes chez vous ? »
« Vos lunettes ? »
« Mais oui, il y a quelques jours un jeune voyou a volé mes lunettes et je voudrai que vous m'expliquiez ce qu'elles font chez vous ? »
La boulangère lui expliqua toute l'histoire et se confondit en excuses. Elle lui tendit les lunettes quand Flair entendit un « Scritch ! ». Par la suite Flair écrirait une longue lettre d'insulte au fabriquant de colle à postiche, mais pour l'heure il sortit dignement de la boulangerie et une fois au bout de la rue hurla « e me engerais ! ». Il est difficile d'articuler avec une baguette coincée entre les deux joues. Il déglutit, failli mourir étouffé en avalant la baguette puis eu un éclair de génie ; « je sais quoi faire ! ». Il lui revenait en mémoire une nuit ou en marchant dans la rue il avait remarqué que la fenêtre de l'appartement de Georgette (juste au dessus de la boulangerie) était ouverte... il se rappelait aussi que sifflotant légèrement il avait réveillé Georgette. Elle lui avait lancé de toutes la force de son âge mur un sac de 50 kg de farine... puis un autre et enfin un troisième. Il était resté dessous jusqu'à ce que quelqu'un remarque la chaussure dépassant des sacs. L'idée germa en lui de rentrer de nuit dans l'appartement de Georgette et de récupérer ses lunettes.
La nuit venu il se dirigea vers la boulangerie, deux pulls dans son sac-à-dos. Il escalada la façade par une gouttière jusqu'à la fenêtre et jetant un coup d'œil à l'intérieur il put voir une énorme masse dépasser des couvertures (trop petites pour couvrir un telle surface). Contre la fenêtre il y avait un meuble chargé de bibelot (dont une collection de clochettes) ; il fallait le sauter sans faire de bruit ni faire tomber d'objet. C'est là que les deux pulls lui servirent ; il en attacha un sous son pied et l'autre à l'autre, de manière à étouffer les bruits de ses pas et ici de son saut.
Le lit était prés du meuble, ainsi devait-il sauter avec précision entre le meuble et le lit ou Georgette débordait... la boulangère ronflait.
Il s'élança. Une des manches d'un pull se détacha et fit vaciller une cloche de cristal. Flair chuta et il s'étala, sa tête s'arrêtant à deux centimètres de celle de la femme tandis qu'avec un de ses pieds il retint la cloche qui menaçait de tomber... le bruit assourdit de sa chute fit cesser de ronfler la boulangère qui fini par se retourner dans le grincement plaintif des lattes de son lit. Il soupira silencieusement et replaça la cloche. Il se redressa, marcha vers la porte en se félicitant d'avoir eu l'idée des pulls dont le seul inconvénient et qu'ils glissaient légèrement sur le parquet. Il ouvrit la porte qui grinça. La boulangère gémit « méeuuu ! On peu pas dormir... », Ouvrit un œil « quéque y se passe ? ».
« Miiiaaouuu !! », imita Flair et elle resombra dans le sommeil.
Il descendit l'escalier et entendit du bruit en provenance de l'arrière boutique, un cambrioleur ? Non, George le boulanger qui faisait son pain !
Flair passa devant la porte entrouverte de l'atelier et vit un petit homme sec et maigre, à l'air malheureux, s'affairait devant les fours à pain. Flair dépassa la porte sans se faire voir, alla dans la boutique, prit les lunettes qui n'avait pas bougé de place et les mit sur son nez avant de reprendre les escaliers. En arrivant dans la chambre il tomba nez-à nez sur l'informe Georgette nue sur son lit. Il ne put réprimer un cri d'horreur.
Georgette se réveilla en sursaut. Flair comprit le danger de la situation. Il s'élança, sauta sur le gros ventre de Georgette, rebondi et s'envola par la fenêtre. Mais sa chute fut stoppée au milieu du vide ; une des manches d'un pull s'était accrochée au meuble de la fenêtre. La tête à l'envers il essayait de tirer sur la manche du pull quand il vit dix gros doigts boudinés se posait sur le rebord de la fenêtre, suivit d'une grosse tête très en colère. Flair tenta un « Miaoooooooou ! » mais Georgette comprit l'astuce et le saisi par les chevilles. Alors avec la rapidité du félin enragé il saisit ses lunettes et les plaça sur le nez de Georgette. Puis il écarta les jambes. Georgette hurla, prit juste le temps de lui planter une clochette dans le front et le lâcha dans le vide.
La nuit suivante Flair revint mieux équipé ; tenu de commando noir, cirage sur le visage, harnais de sécurité, lunette infrarouge et pull sans manche sous les chaussures. Il lança un grappin vers le toit au dessus de la fenêtre de Georgette. Il accrocha d'abord un chat puis une gouttière et il escalada la façade. Comme il l'avait prévu Georgette avait fermée la fenêtre. Avec sa montre laser il fit fondre le loquet ainsi qu'une clochette. Il ouvrit doucement la fenêtre et constata que, comme il l'avait prévu, aux clochettes s'était ajouté boites de conserves, casseroles, billes et clous sur le plancher. Georgette ronflait sur son lit et un troisième pied dépassant de sous la couverture laissait deviner que George dormait lui aussi, sous Georgette.
Flair constata que, comme il l'avait prévu, ses lunettes étaient accrochées au cou de Georgette. Il sortit ses ventouses et commença à se déplacer collé au plafond. Une fois arrivé à la verticale du lit il se laissa descendre en douceur suspendu à un filin accroché à une ventouse. Il prit une fine paire de ciseaux et entreprit de couper le cordon des lunettes. Soudain Georgette ouvrit les yeux et le fixa. Il réprima un hoquet d'effroi mais Georgette se retourna et se rendormit ignorant le cri étouffé de son mari. Flair comprit que si lui la voyait grâce aux lunettes infrarouges, elle ne pouvait l'avoir vu dans cette obscurité complète (c'était une nuit sans lune et sans lampadaires). Il soupira mais une goutte de sueur tomba de sa tempe et plongea dans l'oreille de Georgette.
Elle se releva brusquement, frôlant Flair, donna un grand coup de poing à George et se rendormit. Flair entreprit alors de finir de couper le cordon. Il saisit délicatement les lunettes et les empocha. Il profita d'un bâillement de la boulangère pur lui placer une canine micro-émetteur-récepteur. Enfin il sorti de son sac la lettre qu'il avait préparé et l'accrocha au cou de la grosse femme.
Le lendemain Georgette se réveilla, s'étira, mit une trempe à George pour se dégourdir la main puis constata avec étonnement qu'elle avait une lettre accroché autour du coup. Elle la déplia et lut ;
« Chère Georgette, ou plutôt devrais-je dire salle grosse pouffe,
Tes minables billes et autres clous m'ont fait rire tellement il était enfantin de les éviter. Ainsi cette nuit je suis descendu au dessus de ta grosse masse graisseuse pour reprendre mon bien, puis je suis reparti aussi tranquillement que je suis venu, plus silencieux qu'un loup, en écoutant les gémissements de ta femelette de mari. On ne se moque pas impunément de Flair, grosse boursoufflure.
Et sache que le jour ou la graisse t'éclatera le cœur, je viendrai cracher sur ta tombe.
L. Flair »
Georgette resta interloquée quand elle entendit un petit bruit. Elle leva les yeux et découvrit Flair, tout rouge, qui malgré s'être débattu toute la nuit était resté suspendu à son filin coincé dans la ventouse.
Il déglutit et articula péniblement ; « tout peupeupeu s'expliquer ! ». Il perdit deux dents et la ventouse se détacha.
Il fut trainé à la cave, attaché à une chaise les mains derrière le dos. Il se félicita d'avoir au préalable placé l'écouteur de la micro-canine dans son oreille ; « dis-moi George, passe-moi ta scie, ton marteau, ta bêche, de l'essence, des allumettes et le hachoir. On va resculpter l'ordure en bas... ». Flair pâlit dangereusement. Mais il reprit confiance en lui. Il cracha son chewing-gum explosif dans la serrure de la porte, puis sa mini-lime d'une de ses dents creuses et entreprit de limer les chaines qui le retenaient.
Au bout d'un moment il entendit Georgette descendre les marches et à l' instant où elle allait tourner la poignée piégée sa voix grésilla dans son oreillette « zut j'ai oublié la râpe et les aiguilles à tricoter », et elle remonta. Flair fini par se détacher et trouva un soupirail qui donnait dans la rue. Avec un jet d'acide il l'ouvrit et sorti. Il s'éloigna en courant et entendit dans son écouteur « George, il faudra tout nettoyer après, je ne veux pas salir la boutique ». Sur-ce elle tourna la poignée et la boulangerie explosa.
Une odeur de baguette cuite flotta deux jours sur la ville. On ne retrouva jamais George et Georgette. Et depuis on voit souvent un jeune garçon affublé de lunettes trainer dans les cafés, les universités, les rue fréquentés et les boites de nuits.
Fin
Villeneuve-lès-Avignon, 1997
Publié par argonautes à 11:10:50 dans Georgette et les lunettes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par argonautes à 10:20:13 dans Le prêtre Alfrid | Commentaires (2) | Permaliens
Steve marchait silencieusement dans la ruelle sombre qui menait à la voiture de Pat, le contact qui devait l'intégrer au Q.C.M, le célèbre groupuscule terroriste qu'il devait espionner. Steve tata de sa main son imperméable pour vérifier qu'il avait bien son M6 9mm à viser-laser.
C'est bon, il l'avait. Plus que 500 mètres et il y était. De brusques rafales de vents secouaient son imperméable ; ses longs cheveux s'agitaient. Mais Steve continuait de marchait, tel un héros, d'une démarche solide et régulière. Une silhouette sombre, quasiment invisible, se tenait devant l'arrêt de bus mais Steve avait le coup d'œil. Il l'avait remarqué.
300 mètres plus loin il passa devant un bar « au joyeux Q.C.M » mais il n'y prêta pas attention. Soudain son patron entra en communication dans son oreillette, malheureusement celle-ci avait un léger dysfonctionnement au niveau du réglage sonore et c'est depuis ce jour qu'on le nomme Steve le sourd.
Il arriva au lieu de rendez-vous, à la voiture de Pat. Ce qu'il vit était atroce. Le carnage était complet. « Pat a eu une mort digne » pensa Steve. En effet des inconnus avaient enfoncé la tête de Pat dans le pot d'échappement tandis que sa main était coincée dans la portière avant. Pat avait réussi à écrire quelques lettres de sang sur le bitume avant de rendre le dernier soupir, ce qui n'est pas une mince affaire dans un pot d'échappement. « STEVE, IL M'EST ARRIVE UN PEPIN. VA AU JOYEUX Q.C.M ET DIT LE MOT DE PASSE QUI EST « J'AI OUBLIE ». ENSUITE DEMANDE A VOIR LE « BIG BOSS » QUI EST EN REALITE LE PATRON. STEVE MON POTE, JE CROIS QUE C'EST RAPE POUR LA PARTI DE PECHE DE CET ETE. ADIEU ARRG ! »
Steve fit une prière tout en s'étonnant de la quantité de sang qu'il y avait dans un corps humain. Le sixième sens de Steve lui dit que le danger de mort était toujours présent. Il ne savait pas ou se trouvait le « joyeux Q.C.M ». Comment faire ? Il tomba soudain le nez sur un badge « MR Philebroken- Videur du Q.C.M ». Cette étiquette était accroché à un homme en costume noir qui lui aussi d'ailleurs était noir mais un peu moins que le costume. L'homme en noir agitait ses lèvres depuis un moment lorsque Steve lui dit ; « C'est pas la peine, je suis sourd et muet ». L'homme en noir eu beaucoup de mal à le croire et Steve gouta au pot d'échappement d'une voiture garé à proximité. Il en ressortit plus noir que la veste de l'homme qui l'était moins que sa veste et il le suivi le plus discrètement possible malgré le bruit que faisait sa mâchoire à chacun de ses pas. L'homme noir avait disparu par une porte au coin d'une rue mais Steve pouvait encore entendait le faible bruit de ses pas derrière le mur. Il commença à creuser dans le mur avec son foreur en alliage polyméthanique, puis se résolu à toquer à la porte d'à coté sur laquelle était inscrit « au joyeux Q.C.M ». « Hum ! Je m'éloigne de mon but... », S'inquiéta-t-il. Une voix parla derrière la porte ; « mot de passe ? ». Fier d'enfin comprendre quelque chose à cette histoire il s'exclama ; « je vais m'en rappeler ! » puis il se rappela qu'il était sourd et muet et qu'il ne valait mieux pas trop parler.
Cette fois c'est un homme blanc en costume noir qui ouvrit la porte. L'homme commença à agiter les lèvres avec force. Steve lui répondit plein d'une colère froide qui le brulait « ferme la pauvre tâche ! D'abord je suis sourd et muet et je ne perds pas de temps en bavardage inutile. Mon grand-père adorait la pêche. Et moi je cherche le Big B... ». L'homme blanc avait une sacré force. Mais Steve savait encaisser et il lui dit « ouais ze zait... ze vais aller dans le pot d'ézappement... ». L'homme blanc lui envoya une seconde rafale de coup de poing. Steve dans un dernier souffle murmura « ze veut voir le Big... Boss... ».
Il reprit lentement conscience la tête coincé dans la poubelle du bureau du Big Boss tandis que sa main était restée coincé dans la porte d'entrée. Le Big Boss l'aida à se dégager à coup de rango, l'assit sur une chaise et s'installa derrière son bureau. « Alors p'tit merdeux, qui est-ce qui t'as envoyé ici ? Pourquoi tu voulais me voir ? T'as intérêt à vite parler ! »
Le boss observait Steve qui restait silencieux. Celui-ci avait l'air très concentré et semblait réfléchir intensément. Soudain il explosa de rire. Le Big Boss furieux hurla « qu'est ce qui te fait marrer ! »
« Maaaaaaa ! La super blague que j'ai trouvé ! Les initiales de Big Boss c'est BB ; Hou ! Le petit bébé ! HI ! HI ! HI ! Hi !hi !hi hi...hi...heum... heu... le petit bébé, non ? C'est pas marrant ? Le petit bébé ! ahahah... »
Le Big Boss le regarda, effondré, puis se prit la tête dans les mains et murmura « oh mon dieu... ». Steve un peu moins fier de son calembour lui dit penaud ; « s'cusez moi m'sieur, je suis sourd et muet. S.A.M, ça s'prononce sourd et muet ». Puis il alla se coincé la tête dans la corbeille. B-B lui donna un coup de main puis le fit passer par la fenêtre. Malheureusement la vitre était blindée. Le Big Boss, honteux et ridicule, ouvrir la fenêtre puis y fit passer Steve la tête la première. Pour s'occuper en descendant, Steve compta les étages. Il s'emmêla les pinceaux vers le 43eme car il allait vite. Il continuait à chuter lorsqu'il aperçut un camion benne qui s'arrêta en bas en dessous de lui. Steve se dit « Dieu, si ce camion et plein de matelas je jure que j'achèterais des matelas toute ma vie ! ». L'impact eu lieu. Steve n'acheta plus jamais un clou.
Il se hissa hors de la benne, en grimaçant de douleur. Il tituba jusqu'à une cabine téléphonique et demanda une pièce à un passant qui lui répondit « désolé, j'ai pas un clou ». Là s'en était trop, Steve ne supportait pas qu'on se foute de lui ; il lui vola son argent et le jeta dans le camion benne. Le passant en ressortit et Steve lui fit découvrir à quel point Pat avait souffert. Le passant faisait semblant de souffrir car le pot d'échappement du camion faisait 60 cm de large par contre Steve fut sincère lorsque le camion fit marche arrière. Steve essaya en vain de se dégager lorsqu'il entendit le chauffeur claqué la portière et lancer au commerçant d'en face « vous en faites pas j'en ai que pour une heure ! ». Steve décida de patienter. Il chanta des airs scouts pour passer le temps. Ce qui l'agaça fortement c'est le chien qui vint uriner sur la roue. Une fois l'heure passée et le camion reparti, Steve se mit au milieu de la chaussée pour arrêter la circulation et réquisitionner un véhicule. Il attendit longtemps, l'insigne à la main, mais aucune voiture ne se montra. Puis un passant lui appris que c'était un zone piétonne.
Steve soupira, abaissa le bras et se fit percuté par une bagnole. Ce passant était un sacré farceur. Une fois relevé Steve couru le plus vite possible et finit par rattraper le passant qui était à moins de dix mètres (Steve avait mal). « U é ien outu de a eule ! » jura-t-il. Il recracha l'essuie-glace et reprit ; « tu t'es bien foutu de ma gueule ! ». Le passant lui répondit d'une voix atterré : « vous avez déjà vu une rue piétonne avec des trottoir ? ». Steve resta muet quand soudain il aperçut le badge sur la chemise du passant « terroriste Q.C.M- les plus discrets, les moins cher ». « J'ai oublié » rétorqua Steve.
-« Ah ! Je vois que vous n'êtes pas un passant comme les autres... je vous avais sous estimé » dit le terroriste.
-« Je veux revoir le Big Boss »
-« Nooaooon, c'est pas la peine, tu fais pas le poids »
-« Encore heureux, avec mes 1m12 si je faisais son poids je serais énorme »
-« Écoute je fais te faire une confidence parcequ'on commence à se connaitre. Je suis en fait un espion à la solde de B.B et je suis à la recherche d'un tueur à gage fou dangereux du nom de... STEVE LE SOURD ET MUET ! »
-« Eh bien tu l'a devant toi ! »
-« Ha Ha Ha»
-« Quoi ha ha ha? »
-« Sourd et muet »
-« Oui certes... c'est un peu dur à expliquer... en fait... »
-« Te fatigue pas mec, ça marche pas. En plus Steve le sourd et muet c'est un balèze, il a un entrainement de fakir »
-« ... Dis, ou est-ce que je peux revoir le grand patron ? »
-« Qui ça ? »
-« Le big boss »
-« Ah ! Le super chef. Mais t'es fou ! Le Big Boss est super recherché par la police et par des espions invisibles genres Steve, que personne ne connait, ni n'a vu ! »
-« Ouais mais c'est juste pour le voir »
-« Ah si c'est pour le voir alors... tu le trouvera au casino de la ville. Allez ciao ! Et la prochaine fois marche sur les trottoirs ! »
Steve lui dit adieu et reprit son chemin sur le trottoir. Une moto le faucha.
Il faucha à son tour la moto est fonça droit vers le casino. Après un bon quart d'heure de slalom entre les voitures du périphérique et après un mauvais quart d'heure à s'expliquer pour l'éraflure qu'il avait faite à une BMW dont le conducteur était ceinture noire de karaté, il arriva au casino. Il descendit de sa moto, entra dans le casino et repéra de suite un colosse d'à peu prés 7 ou 8 m3. À coté de lui se trouvait B.B. Steve s'apprêtait à sauter sur le colosse quand il vit que celui-ci était armé d'un pot d'échappement ce qui le fit hésiter. B.B le reconnut à cet instant et hurla « Maillekeul ! C'est lui le sourd et muet, attrape le ! ». Maillekeul regarda son boss puis regarda Steve qui chantonnait innocemment. Maillekeul démissionna. C'est à ce moment précis que Steve dégaina son 9mm. Il se dirigea calmement vers B.B qui tremblait de peur. Steve commença un discours ; « vous êtes mort Big Boss... S.A.M. ça s'prononce mort. Vous avez tué Pat, mon meilleur ami, copain et camarade préféré. En plus c'était un collègue de travail. Donc d'une pierre quatre coups, vous m'avez amputé de mon bras droit ! Je suis Steve LE SOURD ET MUET et je suis revenu pour venger Pat ! Et aussi et surtout pour démanteler le groupe Q.C.M que vous avez fondé ». Big Boss lui dit ; « Pa-as besoin de s'é-énerver... je vais tout t'expliquer » et il lui tendit une brochure publicitaire sur le fonctionnement du Q.C.M. Steve répondit « te fatigue pas mec, je suis sourd et muet de naissance et j'ai jamais appris à lire alors tu t'explique en causant ! ».
Steve savourait ce moment historique car le Q.C.M avait mobilisé les services secrets du monde entier depuis plusieurs années sans aucun résultat et désormais plus rien ne l'empêcherait d'avoir par B.B des renseignements cruciaux pour l'équilibre du monde. Et tout ça grâce à lui.
Steve regretta longtemps le coup de feu qui partit tout seul. Il avait au moins démantelé la tête du Big Boss qu'on appela par la suite Boss tout court. Mais cela ne suffit pas aux patrons de Steve qui pour le remercier l'envoyèrent sur une autre mission. Depuis maintenant plusieurs années Steve travaille à infiltrer une organisation très secrète : l'A.N.P.E.
FIN
Villeneuve-lès-Avignon, 1995
Publié par argonautes à 09:53:57 dans Steve, l'espion sourd-muet | Commentaires (1) | Permaliens
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