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Space Hérésie

Contes et Récits Farfelus des Argonautes de l'Espace

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Ce blog présente les élucubrations de deux amis d'enfance. Contes et légendes farfelus, écris à deux mains, de l'espace ou d'ailleurs.

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Kakubix 227 | 13 avril 2007

- Tu me reçois ?

...

- 5 sur 5 capitaine Mirzouk. Dois-je actionner l'hyperpropulseur?

...

- Pas encore, as-tu vérifié l'hydropression du mégamètre à capsules doubles ?

Où en est la balance gigatétranet à impulsion magnétosensibles ?
Tu as 5 minutes de carburant sur le rétroréacteur avant droit incliné
positivement. Sinon tout est bon...

...

- Suivi tes instructions et j'ai pu débloquer le logiciel de navigation en mode de
réguloactivité minimales.
Le système est instable mais il devrait tenir le coup jusqu'au rééquilibrabe
des hydrotenseur technobulmique à feedback rétroinjecté.
Sinon le grille-pain a laché.

...

- Mauvais signe, le grillage du grille pain peut être fortuit ou provenir
d'un excès de dioxygène dans la cabine, auquel cas j'ai peur que les filtres
à hypotenseurcarbonatés des conduits n'aient été endomagé par la surcharge
élétromagnétique engendrée lors de l'allumage de l'écran.
Les as-tu vérifiés ?
Qu'indiquent les graphiques alphas et G mineur de la Sonate des pressions et
compositions atomosphériques préssurisées ?
Répond rapidement.

...

- Les graphiques indiquent une augmentation pluriexponentielle en clé d'ut
du taux d'azotinette séborégulatrice de précipité chimique de l'enduit
d'isolation des parois. A fortiori pas de rapport avec le grille pain...
pourtant le voltamètre digital indique une surconsommation d'énergie dans le
répartiteur pluralodirectif d'hypoelectricité nucléaire ce qui laisse
imaginer qu'un court-circuit déstabilise le système cervorobotisé de
réassemblage des flux hyperconductifs. Hum... ça sent pas bon. Ah d'accord
le réseau intelligent d'écluse et de vidage autoprogrammé de la fosse
sceptique vient de lâcher derrière le tableau de bord.
Sinon c'est à droite ou a gauche après KAKOUBIX 227?

...

- Après Kakoubix 227, tu prends légèrement sur la droite pour profiter de
l'attraction ubigalactique à sinusoïde partielle engendrée par la présence
du double trou noir en bas à gauche de la galaxie...
Par contre quand tu dis que "ça sent mauvais", c'est une expression
métaphorique pour suggérer la difficulté présente de la situation technique
et électro-régulatrice ambiante, ou "ça pue" vraiment auquel cas j'ai pensé
que ça pourrait renforcer l'hypothèse d'une recomposition sensible des
qualités ambiantes des équilibrages synthétiques du système
ventilo-filtrateur.
Math' émet une autre hypothèse : les conduits téta et téta prime (avant
gauche sous l'essuie-glace) pourraient laisser passer quelques effluves des
produits nettoyants au chrilate qui périment facilement. J'ai vérifié, le
mélange chloraté au potassium subit mal les vitesses de croisière à plus de
612 c lumière. Il produit parfois un précipité marron clair, qui est peut
être ce que tu as pris pour un relargage intempestif de la fausse
sceptique...
Enfin c'est à vérifier...
A l'avenir soit quand même plus précis, évite les expressions métaphoriques
et reste scrupuleux dans tes formulations. On t'a déjà fait la remarque, que
ça ne se reproduise plus.

...

- A vrai dire j'ai utiliser l'expression "ça sent mauvais" pour faire à la
fois un topo clair et concis sur la situation technique exprimant mon
inquiétude, raccourci qui vous permettait de prendre en compte le facteur
psychologique dans la probable augmentation des taux d'adrénaline et de
pression sanguine mesuré par les capteurs biométriques intégrés de ma
combinaison en tissus polyhétaoctaumérisé compensé et double piqué avec
système de liquide gélifié antigravité, et à la fois pour faire état de mes
propres perceptions olfactives d'une persistante odeur de merde dans la
cabine qui pourrait dans une certaine mesure altérer ma capacité de
concentration sur les indicateurs luminosenseurs des mesures
relativo-équationelle du troisième degré de la courbe
précalculo-prospectivo-anticipé du plan du vol virtuel en nanodimension.
J'espérais donc par cette métaphore faire une économie de langage qui
m'aurait permis de sauver un pourcentage non négligeable d'oxygène, vu que le
quatrième réservoir d'O2 métano-oxidé fuit depuis une heure.
Mais là, c'est râpé.

...

- Râpé, qu'est-ce qui est râpé ?
Est-ce le système métaglobulaire interne des capteurs capillosensibles de
votre combinaison ?
Ce serait gênant. Mais pas le temps ici d'analyser ce problème mineur
potentiel de classe Y, car les résultats du scanner à impulsions préviennent
d'un risque de collision majeur (de classe A). Je vais donc être dans
l'obligeance de recourir au mode d'expression Alpha, relié au évènements
urgents de classe A de manière à ce que nous parvenions à gérer la situation
au plus vite.
Un Faisceau laser de densité millitaire vient de quitter le système Kakubix
227, en provenance de Isiris KaluKalu 42, la septième lune de
Kashakakarikiki 12, la petite plantète en orbite autour de l'étoile
75756DFGDF65GFD654 de la dimension K de Kakubix.
Il s'agit d'un rayon vert et ultraviolet, chargé de positions et photons
enrichis en vibrations lentes, de quoi, comme vous le savez, pulvériser
votre vaisseau en moins de 0,0007 millisecondes en cas d'impact.
L'origine de l'impulsion est encore inconnue, une équipe de cosmoethnologues
diplomés en diplomatie interplanétaire de Sciences Po New Paris
Interstellar, travaille à l'identification pour tenter de pacifier cette
population.
En attendant, le rayon devrait croiser votre trajectoire dans 07 minutes, 14
secondes et 3,45678 millièmes de secondes en temps universel.
Tentez un brusque ralentissement par inversement des hydroréacteurs à
métanium enrichi, faites chuter votre vitesse de croisière en dessous des 6
Giga C de la lumière, de manière à pouvoir virer de quelques degrés sans
vous pulvériser ou vous dématérialiser.
Fin d'analyse de classe A
...

- Captain mirzouk je viens de prendre connaissance de votre analyse de classe A. j'étais malheureusement occupé depuis quelques minutes à résoudre la source de formation de carbone sur mes tartinettes suite à l'installation d'une résistance électrique trop forte dans le grille-pain.
Si vos calculs sont exacts je n'ai donc plus qu' 1 minute et 47 secondes avant l'impact du rayon ionisant à particules denses d'origine belliqueuse (en fait j'avais 1mn 47 secondes et 37, 56003 centièmes mais devant l'urgence de la situation j'ai pris l'initiative d'arrondir à l'inférieure).
Je n'ai donc plus le temps d'inverser les hydroréacteurs et si je vire à cette vitesse nous savons très bien que je me désintègrerais à l'instant même en particules quantiques. Je n'envisage donc que deux solutions désespérées ;

-soit je profite de la minute qui reste pour sauter dans la capsule de secours Isis B9 et je m'éjecte dans l'espace intersidéral. Etant donné que le trafic interstellaire dans ce segment de la galaxie est de 0.03 sur l'echelle Starfrequency il est très peu probable que ma capsule ne soit récupérée par un vaisseau avant 7 siècles. J'aurais juste le temps de prendre un thermos de café et un magazine avec moi et dès que le temps se fera un peu long je me cryogéniserais.

-soit j'utilise les trente secondes qui me restent pour monter un circuit dérivé utilisant le surplus électrique de la résistance de mon grille-pain pour renforcer la capacité d'absorption de mon bouclier électromagnétique et espérer ainsi pouvoir encaisser le rayon sans subir trop de dommage.

J'opterais pour la solution que votre équipe jugera la plus sure. Comme vous le voyez dans les deux cas nous pourrions ne plus nous revoir. J'en viens donc à un dernier point essentiel avant notre possible dernière communication ; il est très probable que dans l'équipe de cosmodiplomates que vous avez mentionné se trouve un jeune diplômé qui se nomme Hervé Bulbor. C'est mon cousin. Passez-lui le bonjour de ma part et dites lui que sans faire exprès je suis parti avec les clés de sa navette Peugeot dans la poche.


...

- Voici l'ordre : éjecte-toi dans Isis B9, il y a deux heures de batteries de secours sur le réseau de communication. Reprend contact dès que t'es suffisamment éloigné du vaisseau. N'oublie pas de diminuer au maximum la vitesse de la navette avant de te décrocher sans dépasser le seuil d'atomisation quantique. Fin d'ordre de transmission.
...
...
...
- Allo ici Isis B9. Ejection réussie, vaisseau mère pulvérisé, fondu puis atomisé en nuage vert clair à point rouge, très joli. Grand moment. J'ai pris une photo. Attend suite directive.

- Voilà, remets-toi de tes émotions et suit mes instructions à la lettre : 1/ Programme le cryogénisateur de la capsule pour une congélation totale en 12 nanosecondes. 2/ Ralentit progressivement ta vitesse de croisière et vise le système central de Kakoubix à croisière infralumière de manière à être en gravitation autour de la troisième planète du système dans exactement 652 années, 7 semaines, 2 jours et 7 heures 40 temps universel. 3/ Dès que tu auras défini ton plan de vol, donne-moi les coordonnées exactes de la position que tu occuperas en fin de course. 4/ Dès que tu as fini tout ça, tu peux te cryogéniser. Avant n'oublie pas de te raser tous les cheveux et tous les poils bien sûr (pour les poils du fessier, il y a une ventouse décoiffeuse-coupeuse prévue à cet effet), arrache-toi les ongles et mets-les dans les bocaux A à J (A> gros orteil pied gauche ; J> petit orteil pied droit), tu trouveras l'anesthesiant dans le tiroir C24 au-dessus de toi et les pinces-ramolliseuses-enleveuses dans le tiroir B02 à ta gauche. Je m'occupe de pacifier la zone ou de nanoniser cette civilisation en cas d'échec ou d'arrogance de leur part, ou encore si leur système d'assurance refusent de rembourser ton vaisseau et les clés d'Hervé Bulbor (il te passe le bonjour, et tiens à te rassurer : pas de problème car du coup son chef lui a prêté sa Mercédès coupée, décapotable en basse altitude, par ailleurs, il a tenu à me dire que tu vas manquer à toute ta famille et que tous tes potes vont fêté ton prochain départ, tu recevras de leur part une missive électronique dès ta décongélation achevée). Dès que j'ai fini avec ça je saute dans un vaisseau cryogénique pour te récupérer sur place en personne, car j'ai une mission de toute importance à te confier de la part de Maktor, régent de la galaxie. Programme tes feux de détresses, ton warning et tes antibrouillards pour l'heure de mon arrivée, que je te repère. Je te prépare un bon repas. Café ou thé pour ton réveil ?

...

- bien reçu. J'ai programmé le Cryospeed, j'ai défini le plan de vol pour Kashakakarikiki 12, la troisième planète du système Kakoubix, et je vous envoie les coordonnées exactes de ma position d'arrivée par fax. Je peux déjà vous dire qu'avec Poctarie 32 et la constellation Pitaine dans votre rétroviseur je serais en bas à droite de votre pare-vide, 2cm au-dessus de l'essuie-space. Dites à Hervé d'éviter de pousser la Mercedes au-dessus de 7 millions tours/minute entre la septième et la huitième vitesse parcequ'après la boite de transmission accroche un peu. Et dites lui aussi que j'ai hâte de recevoir leur vidéo-carte et que ça me fait quand même un petit pincement au cœur de savoir qu'ils seront tous mort depuis très longtemps quand je me réveillerais pour prendre mon café (j'aime bien le moka, avec 2 sucres merci).
Si vous parvenez à entrer en contact avec le système d'assurance de cette civilisation inconnue (et si bien sur il ne s'agit que d'un accrochage accidentel et pas d'un acte malveillant) précisez leur que mon vaisseau était équipé du dernier radio-cd Toshiba, encore sous garantie.
Il y a encore une chose... heum... vous n'avez pas du faire attention sur mon dossier médical que... malformation congénitale... qui... bref, je me suis servi de mon thermos à café pour faire le bocal K.
Pour le petit-déjeuner de 8h temps universel je prendrais un œuf à la coque et des tartinettes à la marmelade de mirtouille (et puis vous seriez un amour si m'apportiez un exemplaire numérique de « La depeche du cosmos », avec les mots-croisés 3D en dernière pages).
Je procède maintenant à la cryogénisation. A tout à l'heure dans 652 ans.





- Mirzouk à Isis B9...

...

- Mirzouk à Isis B9...

...

- Mirz...

- Isis B9 à votre écoute ! Content de vous entendre capitaine ! Vous avez le Moka, l'oeuf à la coque et les tartinettes à la marmelade de mirtouille ?

- Oui Oui Sergent... Mais...

- Et Hervé, il a eu mes consignes ?

- Oui oui... Enfin... non.. Il a bloqué le compteur avant que je ne puisse lui dire quoi que ce soit. Il voulait tenter un piquet décroché pour faire une aquaglisse sur la baie à vitesse suprasonique, il a fini sa course dans l'entrepos à mandarines. Il est sain et sauf, enfin, il est décédé à l'âge de 83 ans, et a eut de nombreux enfants...

- Bon qu'est-ce que vous attendez Captiaine ! J'ai hâte d'avoir mon pt'it déj' et la dépêche galactique !

- Hm... J'ai tout cela Sergent... Seulement... Je ne sais pas comment vous dire cela... Bien, regardez par le pare-vide autour de nous... Ce ne sont pas nos vaisseaux. On est encerclé Sergent. Je répète : ce ne sont pas nos vaisseaux. S'ils accostent et frappent à votre sas, n'ouvrez pas. J'insiste : n'ouvrez pas. J'ai reçu un grand nombre de faxs pendant pendant mon croyosommeil, j'ai pas eu le temps de tout lire, il y a plus de 400 pages, certaines sont jaunies et s'effritent quand je les prends (ils ont dut être envoyés peu de temps après mon départ). Tout ce que je sais pour le moment, c'est qu'on n'est pas parvenu à pacifier Isiris KaluKalu 42 (la septième lune de Kashakakarikiki 12 qui a pulvérisé votre vaisseau)... Selon les premières informations dont je dispose de la part des cosmoethnologues, la civilisation Kalukalu c'est spécialisée très tôt dans la maîtrise des rayons photoniques et protoniques. Par exemple, dès le stade démocratique libéral de leur développement, ils coupaient et taillaient leurs frites de légumes avec des hachoirs lasers. Même chose pour les coiffeurs... Bref... La flotte que Maktor a envoyé a été pulvérisée en 25 nanosecondes après avoir demandé le remboursement du véhicule, de votre antiquité inestimable (le radio-CD Toshiba) et des clés d'Hervé. Les autorités de Kalukalu ont eu l'amabilité de nous transmettre par ondes-bêtalumière les images de la quantisation de la flotte, vous auriez aimé, ça a formé un très joli nuage hélicoïdal vert kaki à point jaune.


- avec des reflets bleutés aux extrémités ?

- heu... c'est ça.

- ah mince, un granulo-scopique ! c'est très rare et je l'ai pas dans ma collec... il faudrait que je puisse rentrer en contact avec les Kalukalis, en espérant qu'ils aient pris des clichés de bonne qualité. Ah ! on sonne à mon sas... j'arriiiiiiiiive !

- NOOON ! surtout pas ! Charles n'ouvrez pas, c'est un ordre !

-... capitaine ? que se passe-t-il, je me sens bizarre...

- écoutez Charles, vous subissez le syndrome de confusion post-cryogénique. Après 657 ans de sommeil il est normal de se réveiller avec le sentiment d'avoir la tête dans du paté de blurpigou. Moi-même qui ne suis réveillé que depuis peu, j'ai cherché pendant 30 mn des chaussettes propres dans mon frigo avant d'essayer d'ouvrir mon sas pour allez prendre mon courrier dans la boite aux lettres... c'est l'alarme de sécurité qui m'a ramené à la réalité, sans quoi je serais en train de flotter congelé dans l'espace au milieu de la flotte des Kalukalis, en caleçon et chaussettes dépareillés.

- houla ! Merci capitaine, vous m'avez évité une sacrée boulette. Mais ils insistent sur la sonnettes... mon dieu ! ils tambourinent à la porte maintenant !

- ne répondez pas ! ou dites leur que vous n'avez besoin de rien ! il me faut un peu de temps le temps que j'épluche les fax ou que j'établisse un contact avec la base pour...

SSHHHHRRR... Terriens ! toute risistunce est inoutule ! ouvrez la bobinette la chevillette choura ! nious réputons ; ouvru la bobunette, la chovillette chéron ! ouvri la purte, quoi ! ni sommes viendu en pacifoque ! nious Kalukalis ; délugation pucifique ! rendé vious, li mains en l'eur cowboy! Viou...

- capitaine ! ils prennent contact et pirates toutes nos fréquences ! j'ai l'impression que leur systèmes de traduction est assez sommaire bien qu'ils essaient d'utiliser des références culturelles qu'ils ont trouvé dieu sait ou, probablement pour nous paraitre plus familier...

Alli viun ! Ji un bon folm en dividé et di biurres au frigo. Ouvri la purte ! on pi joué a la bullote ! shéruf, li main sur la tote ! nious pas dangi pour vious ; nious voulur échange cultireul ! un potit bowlung ? viné feur un sijour linguistoque ! silvo...

- bon dieu Charles ! je vois un petit module extra-terrestre près du sas d'isis b9 qui traficotent quelque chose ! ils essaient probablement d'ouvrir la porte... nous n'avons plus le choix ; ils faut établir un contact radio avec eux et essayer de gagner du temps. Regardez dans vos fax si vous ne trouvez pas l'ordre de mission secrète que Maktor devait vous communiquez. Moi je change de chaussettes et j'essaie de les occuper !

- Capitaine, y a une espèce de bras téléscopique qui m'passe devant le pare-brise et qui me tend c'qui ressemblerait à un écran plat à plasma. ça s'allume ! Capitaine, c'est dingue ! Ils sont en train de me repasser l'explosion de la flotte en boucle. Attend, houa, c'est clair c'est un granulo-scopique à flamèches hélicoïdales... Un truc comme ça ça arrive pas tous les 107 ans... Regarde moi c'te flotte se rétracter avant d'imploser en...

- Charles ! Trouvez-moi ce sacré bon sang de fax, je veux connaître les consignes de Maktor !

- Capitaine ! D'autres images ! Non, ils ont ramollo-fondu la station orbitale mère avec un rayon vert clair à pulsations oranges ! Et ça fini par une espèce de crachat mou rougeâtre qui est retombé avec un effet douteux...

Ridez-vu ou Cohoperrier, ou nu vu disitérgron sitôt !

- Charles, je vais prendre contact avec les Kalukalis. Restez dans la cabine, faites quelques exercices pour vous rafraîchir la mémoire. Et Charles, souvenez-vous de vos entraînements à la base centrale, les cas de force majeur classe A. Si nous voulons retrouver notre station natale, nous avons intérêt à la jouer fine avec ces Kalukalis virulents.

- Entendu Capitaine, je vais faire du rameur.

- Civilisation Kalukalis, ici Capitaine Mirzouk des forces spéciales de la galaxie UB22, sous la régence du Général Mektor. Nous sortons tout juste d'un sommeil cryogénique de 657 annnées temps universel. Nous avons besoin d'un peu de temps pour nous remettre. Merci de reprendre contact plus tard. I repeat, please call us later, we are tiered because we are sleeping since many years. We have to take a breakfast and pratice some exercices. Merci, Thank you very much, i'll call you later. ...

Vive la démocrotie ! I have a dream my friend that... Li séna doit voté. Nu reprénous coutact ou nu vi grillons rapide. Hey Sergent, si tou fé pas ton lit au carré j'te botte le cul avec un ballon de fers babelés et je cire mes pompes avec ton cuir chevelus Marin's. Lu temps du cuire deux pastaques crémeuses et six beignette ni vi recontactons. Nu tenté pas du vous échapper. Vous êtes cirnés peaux rouges, lâchou vos arcs. Cordialement.

- Charles, nous avons gagné un peu de temps. Si j'ai bien compris, le temps de cuisiner quelques désserts élaborés. J'estime que nous avons entre 30 minutes et une heure pour éplucher les fax. On se recontacte dès qu'on en sait plus sur la situation. ..

- Capitaine, j'ai trouvé un fax de première importance. Voici les ordres du général Maktor : "Au sein du système Kakubix 227, en provenance de Isiris KaluKalu 42, la septième lune de Kashakakarikiki 12, la petite plantète en orbite autour de l'étoile 75756DFGDF65GFD654 de la dimension K de Kakubix, la civilisation Kalukalis a colonisé une petite planète riche en métalunium blanc naturellement enrichi. Il y en a des milliards de tonnes universelles. De quoi alimenter des rayons d'une puissance telle qu'elle pourrait raser la moitié de la galaxie sans avoir à en enrichir artificiellement. Cette civilisation représente donc un danger réel pour l'empire dont j'assure la régence. Votrre mission : 1- Prendre contact avec les Kalukalis et estimer leur tempéramment : sont-ils belliqueux ? 2- Si c'est le cas, placez des charges dans les mines de métalunium et faites moi disparaître ces huluberlus de l'espace. Leur désir de puissance auront raison d'eux. Bonne chance. Général Maktor".

- Charles, nous voila fixé. La tranquillité de notre bonne vieille galaxie UB22 et entre nos mains, ni plus, ni moins. Durant notre sommeil Maktor a du conclure que les Kalukalis représentait un danger et il a dépêché une flotte croisant dans les environs, probablement le détachement du système Tetrabrik UHT 37 qui est le plus proche d'ici. Mais comme nous le savons la flotte a été accueilli par leur dévastateurs rayons ramollo-réducteurs et...

- Techniquement il s'agit essentiellement de rayons ramollo-fondant et dilato-liquéfiant.

- Oui, et nous voila comme deux poils dans un sachet de soupe lyophilisé ! Le problème c'est qu'en définitive nous ne savons même pas si les kalukalis sont réellement belliqueux ou s'il n'ont fait que se défendre. Il nous faudrait éclaircir ce point avant de faire quoique ce soit.

- Il me semble avoir vu une paire de stimulo-fissurant aussi.

- Je ne comprends pas pourquoi Maktor a lancé l'attaque avant notre arrivé... Car sauf votre respect Charles je crois que votre radio-cd toshiba et les clés de votre cousin sont des motifs un peu légers pour déclencher une guerre intergalactique... Nous n'avons pas tous les éléments en main et nous sommes pourtant livrés à nous-mêmes, car il est évident qu'ils bloquent notre fax. Charles nous devons...

SHRRRRR... Ci prêt, à tuuuuble ! nious vious avons concucté di dessort tradutionnel : pastaque crimeuse, beignette fondants et Donuts gastrique au soucre. Poz ton flungue john, fi pas l'con. Vite il fu mangé tant qui si chaud ! Ouvrez la puuuuuuuurte ! Chorles, nious voulons ichanger un cliché de retracto-statique à paillettes pourpres. Vious et les enfants zote en sicurité ici Maggy. Alli, ouvru...

- Bon dieu Charles, ils décodent nos communications ! Ils sont diablement rusés ! Je vais tenter de communiquer avec eux pour en savoir plus sur leurs intentions et occuper leur attention. Pendant ce temps amorcez doucement une manœuvre avec votre capsule pour que je vous récupère, en espérant qu'ils ne réagissent pas.

- ...

- Charles ?

- Un rétracto-statique...

- Bon dieu Charles reprenez-vous ! Ne croyez pas un mot de ce qu'ils racontent, ils feraient n'importe quoi pour...

- ...paillettes pourpres... Capitaine, ça sonne à la porte, je vais leur ouvrir.

- QUOI ? Non Charles, non ! C'est un piège ! Vous souffrez certainement du syndrome d'état hypnotique des grands voyageurs, c'est assez fréquent. N'ouvrez pas Charles, ils n'ont pas le moindre cliché de... contracto- bioptique bariolé, ou je ne sais quoi !

- Capitaine, le rétracto-statique à paillette pourpre est la structure de nuage d'explosion la plus rare de l'univers. Il est la baleine blanche du capitaine Muchub dans ce vieux roman du Moyen-Age, le saint-graal de tout collectionneur de nuages colorés. Capitaine je me sens parfaitement réveillé ; je ne peux tout simplement pas croire qu'un peuple sensible à la beauté des nuages co

Publié par argonautes à 00:21:09 dans Dialogue au coeur de la marmitte | Commentaires (0) |

LA SUITE DE KAKUBIX ET DE MEZOUK AGILIX EST EN LIGNE !!!!!!!!! | 20 février 2007

Publié par argonautes à 09:43:11 dans Dialogue au coeur de la marmitte | Commentaires (0) |

Le principe du blogargonautes | 02 février 2007

Chers lectrices, chers lecteurs,

Il est fort possible que vous vous perdiez un peu si vous vous balladez d'histoire en histoire sans quelques conseils pratiques...

Ceci est un blog qui présente des contes et histoires parodiques et étranges, farfelus et parfois (on espère) drôles, que nous avons écrits à deux, en cadavres-exquis... Seulement, vous verrez que beaucoup d'histoires ont été écrites vites et que les styles varient beaucoup... Je vous explique. En fait nous écrivons ce genre d'histoire depuis nos 14 ans (nous en avons aujourd'hui 27). Aussi, certaines des histoires que présente ce blog ont été écrites il y a plus de 10 ans... C'est pourquoi vous trouverez des histoires un peu jeunes d'esprit. Nous avons tenu à les mettre en ligne tout de même puisqu'elles enrichissent notre univers, et parce qu'en tant que géniteurs paternels, nous sommes très attachés à chacune de ces histoires...

Tout ça pour vous dire que les plus vieux d'entre-vous aprécierons sans doute plus les contes farfelus que nous écrivons en ce moment, et dont nous mettons régulièrement les suites en ligne. Ces dernières histoires sont les suivantes : Kakoubix 227 (peut être notre préférée), Mezouk Agilix et Pitaine et Koujak.

Une autre petite chose : pour savoir quelles histoires ont été réactualisé récemment, il vous suffit de lire le panneau ci-dessus (le premier) où l'on vous fait par des suites mises en ligne. En tout cas voilà, je vous souhaite une bonne lecture, venez nombreux, commentez, conseillez nous pour la suite des histoires inachevées, manifestez-vous, nous tiendrons toujours compte de vos avis. Merci de votre présence régulière, et plein de bonnes choses pour cette année 2007 !

Bises,

les blargonautes de l'espace.

Publié par argonautes à 10:33:28 dans Edito | Commentaires (0) |

Garock le magnifique | 01 février 2007

 

« Garock le puissant, Souverain de landes maritimes,
L'homme le plus instruit, le plus fort
et le moins vantard de tous les hémisphères de la planète ».

Passage de l'autobiographie de Garock le souverain.


« 
- Que pensez-vous de Garock le puissant ?
- Garock ? Garock le puissant ? J'me marre ! »

Extrait d'une interview d'un paysan.



« Personnellement je pense, sans vouloir aucunement
influencer votre avis personnel, que Garock se surestime »

Extrait d'une interview d'un prêtre.


« Garock ne se prend pas pour une merde ! »

Passage de la biographie de Garock
Par Michel Grebin Le Sage.



Dans le sublime palais au cœur d'une forteresse bâtit sous de règne de Heslem le Grand, Garock, descendant de Scrash le Froussard, lisait paisiblement un roman du célèbre auteur Garcon. Garock appréciait les romans de Garcon car ils comptaient toujours beaucoup d'image, ce qui contribuait fortement à leur succès. L'auteur Garcon avait compris le gros problème que posait l'analphabétisme (la popularité des romans de Garcon ne fut que plus grande encore lorsque le bruit se répandit qu'après quelques démêlés avec le roi il le tua sans que personne ne le sache jamais. Garcon après un bref exil s'était fait tuer à son tour par les gardes du roi, il y avait maintenant quelques années de ça).

Garock referma le livre car la seule image était sur la couverture. Puis il se remit à la dure tâche de l'écriture de sa seconde autobiographie. Il y travaillait depuis maintenant un an, depuis que le peuple avait supplié sous la menace d'avoir une suite. Garock dicta au mage ; « Au cours de la treizième année Garock le magnifique fut sacré chevalier par l'archiprêtre Aegidius, pour avoir vaillamment défendu ses terres au combat ». Épuisé par tant d'effort intellectuels Garock déclara que cela suffirait pour ce mois-ci. Le mage Aegidius, autrefois archiprêtre rangea la feuille puis reçu sa pièce d'or, rituel qu'ils répétaient depuis qu'il avait rendu un certain service à Garock une dizaine d'année auparavant.
Garock sorti de son palais et passa devant son champs de tomates préféré, qu'il avait défendu contre une invasion d'insecte, voila plus de dix ans, avec l'aide d'une centaine d'hommes. « Ah ! Que de souvenir héroïque ! », Pensa-t-il, mais dans un style nettement inférieur.
Il marcha seul, ignorant les risques, à l'intérieur des remparts. Plongé dans l'ambiance palpitante de ce voyage dangereux, Garock pensa « tiens, tiens ! Je trouve que Garock le magnifique sonne mieux que Garock le puissant. Il faudra que je convoque Aegidius ».
Plus tard Garock et Aegidius parlèrent :

-« Cher mage, acceptes-tu d'avoir l'honneur de changer publiquement mon surnom ? »

-« Ben... voyez-vous ma réputation et la vôtre... ne me... ne peuvent pas me permettre de... passer publiquement... en... »

-« Bon, mon brave, voilà une petite bourse bien rempli »

Sur le visage jusqu'alors inquiet d'Aegidius apparut un sourire.

-« bien, j'y vais ».

-« attendez, prenez ce  parchemin sur lequel est écrit tout le discours que vous aurez à faire ».

-« mais... je pensez que vous ne saviez pas... écrire ? ».

-« Oh ! Oh ! Ne me sous-estimez pas » répondit Garock en pensant à son scribe.

Aegidius se dirigea vers l'estrade comme il l'avait onze fois lors de Garock le Fort,
Le Méchant,
Le Surhomme,
L'Exemple,
Le Courageux,
Le Téméraire,
Le Grand,
Le Clément,
L'actif,
Le Judicieux,
Le Puissant.

Une fois sur l'estrade il lança quelque coup de sifflet pour rassembler les villageois. Lorsque ce fut chose faite il entama sa longue déclaration :
« Avis à la population ! Garock le puissant à désormais décidé de se nommer Garock le magnifique (rires)  et il estime avoir largement mérité ce surnom (rires aux éclats). De plus il pense avoir le droit de se renouveler un peu, chose qu'il n'a pas faite depuis longtemps (hurlements de rire). Garock vous averti que ceux qui ne le nommeront pas ainsi seront sévèrement châtiés (silence inquiet) ; ils n'auront pas le droit de lire sa nouvelle autobiographie (pleurs de rires) et il vous méprisera (trois mort de rire). J'ajoute personnellement que cela fait plus de dix ans que je détourne 30% de vos impôts et que vous n'y avez vu que du feu, tas de dégénérés mental ! (silence glacial)».

Aegidius blêmit, puis bredouilla sur l'estrade qu'il ne comprenait pas le sens du texte. Le peuple lui pardonna et ainsi mourut Aegidius le mage, pour la plus grande joie du scribe qui convoitait sa place depuis des années.
Le scribe avait réussi son coup et fut doublement content lorsque le roi vint lui proposer une bonne paye en échange d'un petit service. Le scribe farceur devint le successeur d'Aegidius et Garock le magnifique l'invita à le rejoindre pour « avoir l'honneur d'écrire son roman ». Garock entreprit de lui dicter les extraordinaires exploits qu'il aurait pu faire. Pour briser la monotonie lors des « dictations » le scribe pris l'habitude de parsemer par-ci par-là de ses « farces » la seconde autobiographie de Garock.

Le livre avançait bien, à la satisfaction du roi, jusqu'à ce qu'un paysan viennent le voir... Le paysan se plaignait d'un seigneur lointain qui martyrisait son peuple. Lui-même avait reçu un frigo sur la tête alors qu'il labourait son champ sans faire d'histoire et le roi s'était par la suite débarrassé de son beau-frère. De surcroit le tyran avait fait de lui son bouffon, et il le surnomma « le bouffon à la large bouche ». Ce bouffon était fort en humour noir.
Garock le magnifique gérait bien son royaume mais il ne s'en occupait pas vraiment. Le peuple était affamé, surtout vers 13h30.
Garock décida qu'il était temps d'achever son deuxième livre, comptant regonfler le trésor avec ses droits d'auteur. Il fit venir le scribe et lui dicta le dernier chapitre : « ce matin je m'ai fait mal en me cognant mon orteil sur le mur qu'était très dur, hi !hi !hi ! Il faut que t'arrange un peu ». Alors le scribe retranscrivit : « Garock après des heures de combat, épuisé, se fit briser le pied par un énorme rocher lancé par une catapulte. Garock éclata de rire, puis se jeta à nouveau dans la bataille à cloche-pied ».

La seconde autobiographie finie, Garock et le scribe devenue milliardaire, on fit rehausser les remparts du fort. La vie devint paisible et les villageois commençaient fichtrement à s'ennuyer. Les spectacles du bouffon au frigo qui mimait les aventures au château de Duvanal les divertissaient tout de même. Le scribe Marantus devint bientôt le plus proche conseiller de Garock. Après une récolte catastrophique le moral des paysans tomba si bas qu'il y eu 11 suicide en une semaine ; un record qui resta inégalé (même chez Heslem on avait jamais vu ça). Le fin conseiller qu'était Marantus eu alors l'idée de convoquer toute la cité pour changer publiquement le surnom de Garock le magnifique en celui de Garock le modeste. Les résultats furent surprenant ; on eu dit que tous les citadins étaient tombés dans une marmite de gaité !
L'année suivante Garock le modeste se maria avec une superbe fille du Comte Warlow. C'est au cours de ce mariage qu'il posa cette question resté célèbre ; « Bouffon, qu'a tu de drôle à nous faire rire ? ».

Cinq ans s'était écoulés depuis l'édition de sa deuxième autobiographie lorsque les citadins en réclamèrent une troisième. Garock se mit à l'ouvrage, fier qu'on le lui demande sans qu'il soit besoin de les forcer.


EPISODE VI
Garock contre-attaque

Three weeks later, à l'aube de la naissance du troisième tome...


Garock ouvrit la porte avec violence. Elle se referma avec violence sans qu'il eu le temps de la franchir. Il la rouvrit tenant royalement un kleenex sur son nez. Il referma avec autorité la porte, abimé au niveau de la tête, et s'élança légèrement sans qu'aucun tumulte ne vienne couvrir le bruit de sa chute. Marantus le trouva en train de se débattre pour décoincer la cape de sous la porte. Il le dégagea (après avoir empoché 5 pièces d'or) en ouvrant brutalement la porte. Une fois relevé Garock repris ses allures impériales mais sa honte contenu fit éclater Marantus de rire. Le roi, encore plus vexé, lui donna un texte à lire en public (qu'il avait dicté au prêtre de la cité).
Le peuple ne pardonna pas à Marantus, à la grande joie de Garock le Vengeur. Ainsi Marantus le Farceur périt de la même façon que son prédécesseur.

Depuis quelques temps un personnage excitait la curiosité de Garock ; un dénommé Froussard le Valeureux qui aurait servit sous les ordres du héros Heslem (le chevalier Froussard aurait inventé la catapulte à pierre inspiré par le héros). Garock l'invita au château.
Le jour-dit Garock attendit Froussard devant la porte de son palais ; du haut des marches, appuyé sur une colonne de marbre, sa cape blanche agité par les rafales de vent, il avait vraiment l'air de se faire chier. Une silhouette apparut soudain, chevauchant une cheval noir ; elle sauta aisément de la monture et se dirigea à grand pas en direction de Garock. Ils se saluèrent, puis toujours à l'entrée du palais engagèrent une superbe discussion ;

-« c'est donc toi le chevalier Froussard ! »

-« non, non. Et vous ? »

-« moi non plus ».

Dans l'ombre d'un grand bâtiment un vagabond titubait, se dirigeant approximativement vers Garock. L'homme gravit l'escalier, salua le roi et lui parla du temps qu'il allait faire ; Garock sauta de joie aux nouvelles que lui annonçait Froussard, mais le vent rabattit la cape sous lui, il glissa dessus et le tumulte de la fête commença à son grand soulagement. Froussard accepta le poste de chef de l'armée puis releva Garock le Modeste. Le soir même Froussard le Valeureux entra en fonction. Il était chargé de surveiller l'horizon du haut des remparts. Il était fatigué, épuisé même, mais il lui fallait continuer de se reposer.
Le lendemain, dès l'aube Garock était déjà levé. Sa silhouette se découpait sur le ciel pâle ; pendant qu'il vivait les minutes émouvantes d'un jour naissant et que les citadins déjeuner, il se laissait aller à ses pensées ; « Je suis vraiment génial non ? Sans vouloir me vanter, ni faire de fausse modestie, je suis pas génial ? De plus quelle ironie du sort que mon valeureux chevalier s'appelle Froussard... moi je trouve que Garock le Modeste colle bien à ma personnalité ! ».
Il fronça soudain les sourcils ; de la fumée se dégageait au loin dans la plaine déserte. Il rassembla son courage et hurla ; « AU FEU ! AU SECOURS ! AU FEU ! »
Les soldats arrivèrent en courant et Garock leur fit un croche-pattes car il n'y avait aucune raison qu'il soit le seul à tomber de temps en temps. Après avoir ramassé ses dents le capitaine de la garde observa la plaine puis dit ; « Fe n'est pas un feu, feigneur... f'est une armée qui fe dirive vers nous ! »

Garock réfléchit un moment puis il s'exclama ; « Peuh ! Je le savais ! C'était pour voir si vous le saviez ! AH ! AH ! AH ! 

-« Alors feigneur que faisons nous ? », demanda le capitaine.

-« Pourquoi déjà ? » chuchota Garock.

-« Mais Sire, nous sommes attaqués ! » répondit le soldat qui avait remboité ses dents.

-« Ou est le problème ? » rétorqua Garock qui ne comprit pas, puis il ricana avec modestie « AH ! AH ! AH ! AAAAAAAAAAAAAAH ! »

Garock redescendit dans sa cour.
Une demi-heure plus tard il comprit. « ALERTE ! Nous sommes attaqués !! Protégez-moi, je vous en supplie !!! »
Du haut des remparts un garde  cria ; « Garock le Piss... euh, le Modeste ! C'est l'armée d'Ulrik, le comte au palais déplacé. Depuis que son palais a explosé il a monté une armée et... »

-« Abrège ! » hurla Garock.

-« Il nous attaque, en clair » répondit le soldat.

-« Pourquoi ? » demanda Garock après un moment.

-« Parce que... Bon, le monsieur il veut une maison et un jardin parce que les siens ils sont cassés » répondit le soldat qui savait parler au roi.

-« Aaaaaaah d'accord ! J'ai compris ! Mais alors... il faut se défendre !!! »

-« voilàààà ! » lui répondirent 353 voix.

Garock prit ses airs de souverain et lança ; « Nous ne nous laisserons pas marcher sur les mains ! A l'attaaaque ! »

L'armée ouvrit les portes et sortit du château avec Froussard à sa tête. Dehors les soldats d'Ulrik attendaient assis. Garock referma vite les portes et se précipita sur les remparts avec un gobelet de pop-corn. Une fois confortablement installé il reçu quelque chose sur les jambes. C'était la tête de Froussard. Une voix s'éleva d'en bas ; « vous aviez perdu ça ! Uh !uh !uh ! ». Garock devint blême et laissa échapper un « maman ». Il sortit par une porte dérobé à l'arrière que lui seul connaissait et qui montrait des signes d'usures. Il s'enfuit en courant dans la plaine et jamais plus personne ne le vit.

Cependant une dizaine d'année plus tard Ulrik reçu un manuscrit accompagné d'une lettre de Garock le priant de publier sa troisième autobiographie. Ulrik y consentit, la trouvant divertissante bien qu'il eu du mal à reconnaitre l'épisode de son attaque du château ; il ne se souvenait pas que Garock avait du s'enfuir succombant sous les chevaliers qui l'attaquait de toute part.
Le livre connut un succès foudroyant et bientôt tous les bouffons et troubadours du continent en eurent un exemplaire.




FIN

Villeneuve-lès-Avignon, 1994

Publié par argonautes à 11:50:04 dans Garock le Magnifique | Commentaires (0) |

Mezouk Agilix - ouvrier très spécialisé dans la centrale Magamix | 26 janvier 2007


Mezouk Agilix était le meilleur ingénieur spécialisé d'intervention en zone risque 5 de la centrale nucléaire. Job qu'il affectionnait particulièrement puisqu'il n'y avait eut en trente ans qu'une seule alerte de risque 4 et deux ou trois de risques 3. aussi, on ne l'avait jamais appellé en plus de trente ans. Les années passaient dans le bureau, où il discutait, jouait au carte, pratiquait son Yoga avec les quelques collègues qu'il avait. De temps à autre, il fallait astiquer telle ou telle combinaison, l'essayer, vérifier son étanchéité, puis faire quelques exercices. Une fois, il avait même du remplacer un haut parleur, mais ils étaient trois et ça n'avait pris que deux jours pour lire la notice et retrouver le tournevis. Mezouk s'était habitué à rester dans son poste, au sommet de la tour B du grand bâtiment central. Il y avait là une vue imprenable sur les deux grandes cheminées de la centrale.

La journée type se déroulait sans encombre, Mezouk avait les pieds sur le bureau et plongeait de temps à autre une main dans un seau de pop corn. Makimak son meilleur ami, assistant ingénieur et coordinateur de zone risque 5, jouait au minibasket contre mur. Il y avait là un mini panier de basket. Il y jouait depuis plus de vingt ans, aussi, il ne manquait jamais sa cible et marquait systématiquement. Il retournait chercher la balle avec le même flegm, faisait quelques pas en arrière, tirait, marquait, revenait vers la balle...
Parfois ça tapait un peu sur les nerfs de Mezouk, qui trouvait ainsi l'énergie de puiser un peu quelques grains de maïs éclatés qu'il grignotait pour se détendre.
Mais ce matin là, Mezouk s'était réveillé avec un étrange sentiment, il était passé à côté des cheminées et avait remarqué une certaine diminution du volume de fumé. "pas bon" avait-il pensé. Puis il s'était repris, après tout, ils risquaient au pire une alerte 2 ou 3 dans la semaine. De quoi enfiler les combi', redesendre au point de rassemblement, faire quelques blagues pendant que les équipes d'alerte 1, 2 ou trois intervenaient... Il prit l'ascenseur, défit son sac à dos et le posa dans son bureau. Il ouvrit le sac. Celui-ci était plein au ras bord de pop corn. Son téléphone sonna.
"Oui ?
- C'est Makimak au phone.

- Sans blague mec, t'es déjà arrivé ?

- Tu parles que je suis déjà arrivé ! S'exclama Mak. je suis au point de rassemblement avec l'équipe d'intervention 1, l'équipe d'intervention 2, l'équipe d'intervention3, l'équipe d'inter...
- Oui, je vois ou tu veux en venir...

- Bref, on est tous là et il fait super beau... Ah oui ! et tu devrais venir car personne ne sait exactement ce qu'il se passe ici. La fumée est toute bizarre mais ça ne correspond à aucun des critères de dysfonctionnement prise en charge par l'équipe d'intervention 1, ni par l'équipe d'intervention 2, ni par l'équipe d'intervention 3, ni...

- D'accord, d'accord ! et... est ce que... éventuellement on serait concerné par... hum... le phénomène ?

- ... Attend, je m'éloigne un peu... voilà... On est peut être dans la merde Mez. Ce matin je suis arrivé au bureau de bonne heure, vers 10h30 et...

- 10h30 !!!

- Ouais je sais, mais j'arrivais pas à dormir, je ne sais pas j'ai du faire une crise d'insomnie, bref je me suis dit ; allez tant qu'à faire profites-en pour abattre un peu de boulot au bureau ! en fait un truc m'avait tracassé toute la nuit et j'ai su qu'il fallait que je règle ça au plus vite...

- Mais quoi ? Tu me fais peur.

- Tu sais la boite de 1000 élastiques dans mon tiroir ?

- Ouais?

- Hier j'ai voulu faire une boule de 1000 élastiques mais à la fin de la journée à 16h ils en restaient encore dans la boite ! Ça m'a stressé tu peux pas savoir !

- Mak, essaie de rester concentré. C'est quoi le rapport avec la fumée ?

- j'y viens, mais ne prononce pas le mot « rapport » ça me donne la migraine depuis qu'on a du rédiger celui de 1981.

- 'scuze.

- bon alors je termine ma boule, je l'essaye, j'appelle le gars de l'entretien pour changer la vitre (d'ailleurs il commence à devenir désagréable lui, je sais pas pourquoi), et là je me dis qu'une petite pause serait la bienvenue. Alors tu me connais je commence à faire quelques paniers et puis je regarde la vitre toute neuve d'où on a une vue imprenable sur les cheminées... et puis là je me dit « tiens ! on dirait que la cheminée sud et comme qui dirait... à portée de panier ! ». C'était trop tentant Mez, tu comprends... j'ai tiré, J'ai marqué et j'ai hurlé « PANIER !!! », ça a résonné dans tout le site mais t'inquiète je pense que personne à compris d'où ça venait. Une demi-heure plus tard la fumée devenait toute bizarre.

- Ah c'est ça... bon, écoute Mak, outre le fait que depuis 25 ans tu continue à me surprendre, je ne pense pas qu'un mini-ballon de basket puisse faire quoique ce soit à une cheminée de centrale nucléaire. Ces trucs là sont conçus pour... Bon Mak, reste concentré. Personne en bas ne sait ce qui se passe, t'es sûr ?

- Sûr, et ça craint parceque si personne trouve une explication très rapidement ils vont finir par se dire que c'est un boulot pour les gars de la zone 5 !

- Restons calme Mak. Essaye de nous faire gagner du temps avant qu'ils ne remontent à nous, moi pendant ce temps je vais chercher dans un bouquin qu'on a au bureau. C'est un traité de Grenouille Fofolle, un chef cherokee spécialisé dans les signaux de fumée. Peut-être que cela nous éclairera sur ce que... la centrale veut nous dire !

Mezouk raccrocha. « bon dieu ! » se dit-il, « encore heureux que je profite de mes heures de loisirs pour approfondir mes connaissances techniques. Si tous les employés étaient zélés comme moi le monde marcherait mieux ! », et il se mit à la recherche du traité cherokee qu'il avait du ranger « à tous les coups ! » dans son rayon « technologie nucléaire et influences astrales ».
Il ouvrit les grandes portes vitrées de sa bibliothèque. Elle couvrait tout le mur du fond, les vitres étaient fendues à plusieurs endroits. ça datait des premières années de Mezouk, quand il avait encore quelques difficultés à viser le petit panier. Mezouk se rappelait avec plaisir de ces années là, Mak venait de sortir de son école d'ingénieur, tout jeune, pas une ride, sportif avec ça ! Et il avait l'arrogance de ces jeunaux qui sortent tout droit des écoles d'ingé. Il croyait tout pouvoir refaire à son idée. Une fois Mezouk était entrée dans le bureau et il avait trouvé Makimak entrain de dessiner au feutre indélibile sur la baie vitrée la forme que devraient avoir les cheminées pour augmenter le rendement de la centrale de refroidissement, ça faisait deux énomes cratères au feutre sur les vitres. Des trucs qu'auraient mesurés bien 850 ou 900 mètres de haut, en forme de pyramide aztèque pour "faire joli, parce que l'art importe au moins autant que la science Mr Mezouk !". Ah la douceur de ces premières années, quand la machine à pop corn n'était encore qu'au rez-de-chaussé et qu'il fallait toujours se taper les escaliers parce que les ascenseurs étaient régulièrement en panne ou coincés entre deux étages par d'étranges lambeaux de caoutchouc orange sur lesquel était parfois écrit "NBA". Ah ces années de bonheur, d'insouciance, de joie de...
- Chiotte ! il est où ce fichu bouquin ?
Et Mezouk tomba dessus, le prit, puis ce tourna vers l'encyclopédie "Centrale Universalis tout sur tout et même un peu en rab".
- O Zut ! Il est en 20 tomes ! Flute alors, j'aurai le temps d'en lire qu'un, et encore.... Lequel prendre...
Mezouk hésita entre le tome "T-U" qui comprenait "tuyau" et "turbine" et le tome "C" qui devait certainement comprendre "cheminée" et "Clé de 8". Il prit le C et entreprit de le lire en courant dans les couloirs tout en enfilant sa combi 8 - "combinaison protection totale de risque indéterminé de puissance 3 à 5".

Mezouk sortit du bâtiment, se faufila dans l'allée centrale, puis avant de rejoindre le groupe se débarrassa de son exemplaire C dans une poubelle, histoire de ne pas attirer trop l'attention des autres. En arrivant il remarqua que de l'autre côté de l'allée l'équipe d'intervention risque 4 descendait autour de la combi rouge de Bill Tcherno, le célèbre responsable de l'équipe zone 4.
"Merde, pensa-t-il, ils ont appellé Bill !".

Bill Tcherno. Une légende dans le monde des ingénieurs-techniciens du nucléaire. L'homme était aussi mystérieux qu'il était célèbre et vivait en reclus au sommet de la tour d'observation ouest. Il était formellement défendu de le déranger dans son antre et le petit groupe des techniciens de zone 4 qui vivait dans un préfabriqué au pied de la tour ne pouvait communiquer avec lui que par radio-téléphone.
Bill Tcherno. Toutes sortes de rumeurs circulaient sur son compte, certains prétendaient que cet immigré géorgien avait participé au programme nucléaire militaire russe puis avait été déporté au goulag pour être devenu un militant pacifiste gênant suite à certaines « expériences » dont il aurait été témoin.
D'autres au contraire affirmaient que Bill avait été un jeune étudiant surdoué qui vivait dans une petite ville universitaire des Etats-Unis et dont le hobby était la recherche sur la fission atomique qu'il menait dans le garage de son petit pavillon de banlieue. Un jour qu'il était allé chercher une baguette et une bouteille de lait dans la station service d'à coté, ses appareils étaient devenus brusquement instables et une fission avait eu lieu, vaporisant à la seconde son garage, sa maison et sa femme qui préparait le café. C'est depuis que Bill serait devenu cet ours bourru et solitaire.
Un autre avis enfin, très minoritaire puisque c'était celui seul de Yad Urab, le cuistot de la cantine de Magamix, mais qui comptait néanmoins puisque ce dernier en parlait inlassablement à qui voulait bien lui prêter l'oreille, affirmait que Bill était envoyé de l'espace par une civilisation supérieurement intelligente afin de surveiller le progrès des humains sur la maitrise de l'atome.

En trente ans il n'y avait eu qu'un seul et unique incident de zone 4, mais l'intervention de Bill avait été tellement extraordinaire qu'elle avait suffi à graver son nom à jamais dans les mémoires des ingénieurs et techniciens du nucléaire civil et militaire du monde entier.

Les groupes se formaient par secteurs et spécialitées. Les 5 équipes d'intervention étaient là. L'équipe d'intervention risque 1 attendait plus ou moins gênée dans ses combis roses bonbon à casques vert pâle. L'équipe de niveau 2, mieux organisée et plus fière était rassemblée autour de son responsable Conrad Yoactyf en combinaison bleue à bande jaune. L'équipe d'intervention trois était en combi or à paillette d'argent et petites étoiles à 6 branches. Mais le plus impressionnant, c'était sans aucun doute la combinaison de Bill, large, épaisse, avec coquille, coudière, protège tibia et épaulette, avec un plastron épais sur le buste qui portait les traces énormes, larges, des coups de griffes de... La Bête. Personne n'avait oublié...
C'était au cours de l'été particulièrement tranquille de 1984, les équipes comme chaque année s'affrontaient au football américain sur le terrain de sport de la centrale. La surveillance était relayée par l'équipe 0, équipe de remplacement non formée, en short et T-shirt, inutile, et qui ne servait que pendant les 3 heures du match pour la surveillance des sites. Jusqu'alors c'était le boulot rêvé, la planque parfaite... Mais après les incidents de 1984... C'était devenu... Comment dire... Un poste de chair à canon, de cancereux, de charpie... Triste été 1984. Mak était en train de courir le ballon sous le bras et tentait une courbe rapide pour éviter la charge de Bill quand les sirènes syncopées propres aux phénomènes risqués de niveaux 4 sonna. Bill ne s'arrêta pas tout de suite dans sa course, il chopa soudain Mak, le poussa d'une main dans la boue avant de lancer le ballon entre les barres de l'équipe 5 puis il fit signe à son équipe de le suivre.
Ce qui s'était passé par la suite demeure pratiquement incroyable.
De nombreux rats infestaient le site dans les années 1980. L'un des membres de l'équipe 0 avait entendu un bruit suspect dans les sous-sols aux niveaux -5, il ne devait jamais remonter. Beaucoup d'hommes périrent dans les sous-sols avant qu'on ne puisse déterminer l'origines des disparitions et des cadavres déchiquetés dans les couloirs, entre les tuyauteries... Une fuite de radioactivité avait touché un rat, c'était devenu une bète énorme, la taille d'un lion, et elle hantait les niveaux -5 à -4... ça c'était un boulot pour l'équipe 4. On avait envoyé Bill...

La quasi-intégralité de l'équipe zéro (essentiellement composée d'étudiants se faisant un peu d'argent pendant l'été, et même de quelques malheureux stagiaires non-rémunérés en sécurité ou en « maitrise des risques sur l'environnement »), avaient était décimés dans le labyrinthe sous-terrain. Leur combinaison t-shirt-et-short de protection magamix 100% coton n'avaient pas résisté longtemps à la bête enragée. Seul deux d'entre eux avait pu ressortir à l'air libre pour décrire la vision cauchemardesque d'un rat de trois mètres de long avec des griffes de 60 cm emportant dans sa gueule Benoit Bertoux de Dijon, étudiant en sciences humaines en première année de sa thèse « les fondements épistémologique judéo-chrétien dans l'élaboration du paradigme moderne de la suprématie de l'homme sur le règne animal ».

Bill s'engagea dans un puits d'aération débouchant sur le niveau -3 après être passé s'équiper dans son « magasin personnel » d'un 9mm et d'un couteau de chasse ; il s'était aussi procuré une grosse tome de savoie auprès de Yad le cuistot, un plan complexe s'élaborant dans son esprit. Je pose le fromage, je me cache, le rat mange le fromage et... boum le rat ! Cet hiver j'irais à la chasse avec une veste de trappeur en peau d'enfoiré de rongidé !
Dans le souterrain on entendait encore des hurlements, les derniers stagiaires et intérimaires courant désorientés dans le noir presque total. Au détour d'un couloir Bill eu la surprise de voir qu'un des étudiants, probablement en ingénierie mécanique, avait eu la présence d'esprit de construire avec des matériaux d'étayage une tapette géante de fortune. Sacré p'tit gars ! il en faudrait plus des comme toi. L'étudiant n'avait malheureusement pas eu la présence d'esprit de ne pas marcher dessus en repartant. Je passerai le bonjour de ta part au sac-à-peste quand je lui ferais deux ou trois nombrils supplémentaires. Un reniflement saccadé résonna soudain derrière Bill, suivi d'un bruit mouillé répugnant. Bill abaissa doucement le cran de sécurité de son 9mm, fit volte-face et tira. Mais la tome de savoie de 5 kilos qu'il avait coincé sous son autre bras le déséquilibra et il manqua sa cible. Il eu le temps de voir une énorme fourrure grise disparaitre à l'angle du corridor. Une trainée brillante se dessinait sur le sol qu'il identifia comme la salive de la bête et qui avait du couler en cascade de sa gueule. Cette saloperie de muridé se voyait déjà se faire un Bill-Fromage en dessert ! j'ai mieux à proposer ; quelques pruneaux pour digérer. Ouais, des pruneaux de calibre 9.

Et Bill s'élança sur les traces de salive du rat.

Les traces débouchaient sur une trape. Bill passa la tête dans un corridor vérifia que le rat n'était pas là, se jeta dans le corridor et courrut en suivant les traces. Rien n'aurait pu arrêter Bill sur sa lancée. Il faisait de grandes enjambées, pressé de rattraper le rat. Sûr de le croiser bientôt dans la pénombre, quand il voyait une silhoutte bouger il vidait son chargeur en courant, dépassait la forme qui s'affaissait et changeait de chargeur dans le même mouvement. On put entendre un stagiaire hurler dans les corridors "A terre ! Y a un malade qui nous flingue !" ou "Faites gaffe au forcené !".
Aprés un silence qui suivit quelques coups de feu un stagiaire hurla : "Y a une bête ! Hey ! A moi ! Y a Arggh...............". Bouge pas gamin je vais lui apprendre qui est maître et possesseur de la nature ! Et Bill redoubla de vitesse, il passa un angle en pleine course et quelque chose vint le frapper à la nuque avec force, il vacilla, tituba, regarda bêtement le stagiaire qui venait de le frapper avec un gros tube en aluminium. "J'ai le forcené ! Faites vite !".
- Lache ton flingue le russe où je te fais sauter la tête!
- Ok petit, t'es le plus fort. Vrai, regarde : c'est bon, je le baisse mon flingue.
- Hey fait pas le malin, tout doux là, voilà c'est bien. Envois moi ça plus loin. Tout doux.
Bill jeta son 9 mm à quelques pas. Derrière le stagiaire une silhouette sombre roulait ses épaules aux longs poils hérissés.
Faut qu'j'gagne quelques minutes. Bon sang, juste quelques minutes.
- Hey gamin, t'en fait pas pour tes potes, c'est des balles en caoutchouc, c'est juste pour les asseoir et qu'ils restent tranquille, tu sais...
- Reste à ta place et garde les mains bien haut où tu feras plus jamais de gosse. Hey ! Les mecs ! J'ai le taré ! Grouillez !
Bon sang, pourquoi veut-il pas se bouger ce con de rongidé.
- Dit, fit Bill, tu veux pas arrêter tes conneries ? Y a un rat de trois mètres qui se ballade dans les couloirs et tu veux que je reste là à faire le marsoin ?
Derrière le stagiaire la silhouette s'avança d'un mouvement souple et silencieux et commença à se relever lentement sur les pates arrières.
- Ouais je sais qui tu es, t'es un taré et tu viens de buter trois ou quatre gars. J'ai pas vu de rat mec, t'es taré.
Le rat se souleva d'avantage. Bill frémit intérieurement au regard rouge du monstre, de la bave lui descendait du cou en se collant à ses poils.
- Allez gamin, fait pas l'idiot, baisse ton tuyau.
Le rat ne bougea pratiquement pas, il fit un léger écart sur la gauche et des griffes traversèrent l'épaule du jeune qui se débattit en hurlant, Bill courut jusqu'au flingue, se retourna. Plus rien.
Des stagiaires accoururent.
- Courageux gamin, dit Bill, il tenait l'espèce de marmotte géante à portée de tirs avec ce joujou. Mais il savait pas trop s'en servir... Je crois qu'il a dut en écorcher quelques-uns parmi vous.
Les stagiaires le regardèrent de haut en bas, lui, son flingue et son tome de Savoie.
- Mais le rat l'a choppé, ajouta Bill.
- Il est où Ratzinger ? Demanda un stagiaire.
- Je crois qu'il est fait comme un rat, dit Bill.
- Quoi ?
- Ouais zavez bien compris, c'est triste, le rat a rattrapé Ratzinguer : il est fait comme un rat.
- Hein ?
- Je veux dire, le rat s'est ramené, l'a rattrapé et l'a fait comme un rat le Ratzinger, zavé beau raticé vous trouverait pas un chat.
- Je vois pas le rapport.
- Le rapport c'est que le rat l'a ramassé en le rattrapant et l'a ramené je ne sais où : il est fait comme un rat.
- Je comprends pas.
- Laisse tomber filston, c'est une expression : à cause du rat, il est fait comme un rat. A votre âge vous devez pas encore savoir ça. Bon lequel de vous trois veut venir avec moi dézinguer, ou plutôt dépoiler l'congidé ?
- Quoi ? Mais qu'est-ce qui raconte s'vieux mécano ? Demanda Biji le stagiaire japonais.
- J'sais pas j'comprends rien à c'qui dit, répondit Hougoudangounou de centre Afrique.
- Vous les avez fait où vos études ? Dans une boite à cadeau ?
- Hein ?
- Ouais zavé bien compris, je veux dire dans une boite à surprise ?
- Quoi ?
- Mais vos études marsoins !
- ...
- Bon, fit Bill on va lui envoyer quelques pruneaux ?
- Mais à qui ?
- Ben au pongidé ?
- Non, dit Hougoudangounou, on va envoyer aucun fruit sur aucun animal, on va simplement aller voir la sécurité. Biji t'appelle la sécu ?
- ça marche, le quitte pas des yeux, il a dut se prendre une bonne dose de radioactivité le bonhomme. Va falloir vous soigner monsieur, ne vous inquiétez pas, vous êtes pas le seul blessé aujourd'hui, vous ne vous en tirez pas mal à côté de certains membres de notre équipe. Allô la sécu ? Ici Biji de l'équipe 0... Mais si, l'équipe en T-shirt blanc et tongues bleues... Le remplacement pour le matche, y a un type qui veut donner du fromage et des pruneaux aux rats, il a l'air un peu... Un peu perdu... Quoi ? ... Oui, j'ai bien entendu... Vous voulez dire un "rat". R. A. T. ? OK.... Non.... On bouge pas d'ici... Non il a pas l'air trop agressif... OK. Euh... Les gars, ça n'a rien à voir, mais y a un rat de trois mètres de long dans les couloirs, ils en sont sûr ils l'ont vu dans les caméras de surveillance et...
- Dites les gamins, dit Bill, zallez p'têtre m'écouter maintenant, c'est moi qui doit me charger de déplumer c't'oiseau de malheur.
- Oui monsieur, on verra ça tout à l'heure avec la sécurité, pour le moment on a fort à faire avec un rat de trois mètres de long, pas de pongidés ni de pruneaux, pas d'oiseaux, de chats, de marsoins ou de marmottes, ni surprises ni boites à cadeaux.
- « Ecoute l'ami, je crois que toi et tes copains vous avez pas encore réalisé qu'un cauchemar à poil gris avec des incisives plus grandes que la jambe en bois du vieux Jo' se cache quelque part dans ces couloirs et n'attend qu'une occasion pour vous dépiauter le larynx. Certains de vos amis l'avaient pigé plus vite que vous, comme ce brave gars qui a construit une tapette géante qui lui a été fatale, mais apparemment vous êtes les petits retardataires ; alors voila messieurs, disons que votre seule chance de revoir le ciel c'est ce bon vieux Bill, son cracheur de pruneaux et son cure-dent pour géant ». Dans l'obscurité il fit briller la lame de son couteau de chasse sous les yeux médusés des stagiaires. « Quand je pense que ce fils d'huissier de DRH de mes deux voulez me proposer un plan de reconversion vers un poste « plus conforme à mes capacités physiques », ha !ha ! J'me marre ! On dirait qu'il est encore vert le Bill pas vrai ! On dirait que comme qui dirait ça serait le foutoir sans lui, pas vrai ? »

- « monsieur il faut se calmer là, on comprend rien à ce que vous dites », dit Hougoudangounou essayant de prendre un ton décontracté. « On va attendre la sécurité tous ensemble, tranquillement, on va curer aucune dent d'aucun DRH ».

- je crois que t'as pas imprimé Ouagadougou. La sécurité ici c'est moi. Je suis responsable de la zone d'intervention 4 et surtout j'aime pas qu'on me contredise. Et en plus c'est moi qu'a le fromage.

Les étudiants se jetèrent un regard en coin. Biji prit la parole avec le plus de courtoisie et de diplomatie possible ; « monsieur, vous devez comprendre que pour nous la principale menace dans ce sous-terrain - ne le prenez pas mal - c'est vous. Vous tenez des propos incompréhensibles, vous affirmez avoir croisé tout un zoo dans ces couloirs, et vous vous promenez avec une arme à feu et un gros fromage. En plus on vu a très bien vu descendre Paul et Caro tout à l'heure, vous couriez comme un fou en chantant une musique de suspens ».

- « dommage collatéral, mon gars. J'ai fais de mon mieux ».

L'écho d'un hurlement retentit dans les couloirs. «Et ça c'est la Callas ? » repris Bill d'un air victorieux. « Bon sang les enfants, je sais bien que dans vos écoles ont vous apprend à penser de travers mais là il est temps de réaliser qu'un vous avez un problème plus sérieux que moi ! ouaip, un problème de trois mètres de long ; sa majesté rongideux-le-baveux ! Alors soit vous arrêtez de terviger... de vergiter... de me contredire et vous passez à l'action, soit je vous propose de vous déguiser en granulé pour muridé et d'attendre que Pongidé 1er viennent vous croquez tout cru ! »

Les étudiants se regardèrent tandis que des hurlements résonnèrent à nouveau. « Bon c'est d'accord on vous suit, mais s'il vous plait arrêtez vos expressions ».

- « Heeepeeee ! C'est d'accord les gars, vous allez voir on va lui apprendre que c'est pas l'année chinoise du rat au rongeur de l'espace. Je vais couper le fromage en quatre ; Ouaga tu prends un morceau et tu va réenclencher la tapette géante, les deux autres on prend chacun un couloir, vous placez le fromage dans un endroit stratégique d'où vous aurez un bonne vue et dès qu'il pointe ses moustaches de l'enfer vous appelez les autres. Bonne chance les gars, et roulez à droite... »

Et les stagiaires, leur quart de tome de Savoie dans les bras, virent Bill s'élancer dans l'un des couloirs sans un regard en arrière, écoutant diminuer peu à peu le sifflotement d'un air de suspens.

Bill courrait. Il se fiait à son flair. Il aurait pu fermer les yeux et accélérer encore. Il connaissait à fond les coursives, les virages, les différentes tuyauteries qui courraient au plafond et sur le bord gauche des murs. Les tuyaux d'un mètre de diamètre où passaient les vapeurs, les tuyau plus petits où l'eau froide était injectée sous très haute pression. "Où pouvait-il bien se cacher ? Où aimerait-il prendre son dernier repas le marsupiaux... ?".
Bill connaissait bien ces rats. Pendant les nombreuses années qu'il avait passé en solitaire dans son bureau, Bill avait préparé cette intervention à merveille. Il avait épluché les plans des souterrains, marché de long en large le long des tuyauteries, examminant chaque aspérité, comptant la longueur de chaque couloir en nombre de pas, comptant mentalement les virages et les angles, pour préparer une éventuelle intervention dans le noir absolu. Bill avait aussi étudié à fond chaque espèce animale des abords de la centrale, il connaissait chaque espèce de libellule, de moustique, de moucheron, de pissenlis, d'orties, et bien sûr, les rats... C'était des Rattus Mordax, une espèce agressive qu'on croyait spécifique à l'Australie et qu'on croyait éteinte depuis 1982. Bill avait fait un papier là-dessus et l'avait publié à la prestigieuse revue "Nature". ça avait fait sensation. Des Rattus Mordax dans la drôme... Il avait été invité par la communauté de taxinomie parisienne et avait présenté un spécimen Rattus Mordax Drômo-BillTcherno à la grande galerie des espèces... Bill avait aussi trouvé des Ortica Ardens dans la pelouse de l'allée centrale, une espèce très rare d'ortie extrêmement toxique. Il avait trouvé Zozo, le chien de Yad Urab, le cuitot de la centrale, qu'était sur le dos, bleuâtre, les jambes dressées, un peu molles, quelques feuilles d'orties dépassaient entre deux canines... Ah... Tout ces préparatifs, tout ce travail pour ce grand jour... "C'est pas des cons de stagiaires qui vont m'gacher ça, pensa Bill. Je crois bien que ni Biji ni Ougadougou ne seraient de taille. Là c'est le grand jour pour l'vieux Bill. Le jour Ji comme qui dirait, J comme Biji pour Bill."
Quelque chose dans le cerveau de Bill se mit à bourdonner doucement. Il est pas loin. Bill ralentit, tint fermement la tome de Savoie de sa main gauche et fit sauter le cran de sûreté de son 9 mm. Quelque chose bougea sur sa gauche, Bill se tourna, mais trop tard, le rat avait sauté sur son fromage et tenait entre deux paires de dents énormes la croute de la grosse part de tome. - Rend moi ça l'asticot. Et Bill ne lachait pas prise, d'une main il tirait sur le fromage. Il se pencha légèrement sur le côté pour poser délicatement son calibre au sol. "J'ai besoin de mes deux mains pour ça" Pensa Bill. Puis il fila une bonne giffle au museau de la bête qui ouvrit grand des yeux ronds. - Lâche ça l'ancêtre, ça ça apparatient à Yad Urab, un homo sapiens sapiens, pongidé ! Et il lui fila une grosse baigne et un coup de tête au museau. Le rat lâcha prise, se mit sur les pattes arrières et poussa un sifflement qui envoya valser des pans entier de matière baveuse sur Bill, qui put protéger le fromage à temps en le faisant passer derrière le dos. - Saleté de Mordax, je vais te renvoyer en Australie vite fait bien fait. je vais te faire regretter d'avoir muté sale... Et le rat contourna Bill à une vitesse proprement incroyable et se saisit du fromage. Bill ne lâcha pas et lui envoya un nouveau coup de tête. - Fumier de pongidé, je vais te rogner la tronche ! Le rat recula, se leva sur la pattes arrières, Bill put constater qu'il devait dépasser un peu les 3 mètres puisqu'il frolait le plafond de 5 m 50. Bill se sentait petit avec le fromage, il s'en voulait un peu, il se sentait lâche : il commençait à songer à abandonner le fromage au rat. "Tant pis pour Yad" pensa Bill. Et le rat lui envoya un coup de griffe terrible qui le propulsa loin derrière. Quand Bill se releva le rat avait le fromage dans la gueule. Bill se mis sur pied aussitôt, courrut en poussant un cri rauque terrible, le rat fonça vers lui, Bill se laissa glisser au sol, passa sous les pates du rat, se saisit du revolver, se releva en faisant volte face et vida son chargeur sur l'arrière crâne du rongeur qui s'affaissa.
Quand Biji et Ougoudangounou arrivèrent avec la sécurité, Bill, une trace profonde de griffes dans le plastron, pleurait en tentant de dégager le fromage de la gueule du rat mort. Ils firent les yeux ronds face à la carcasse énorme, et Bill baissa les yeux sur les quelques bouts de fromage qu'il tenait entre les mains. - J'ai rien pu faire, dit Bill. C'est tout ce qu'il reste. Et Bill versa une larme.



C'est la sensation du filet de bave qui coulait sur son menton qui fit reprendre ses esprits à Mezouk. Durant tout ce long flash-back mental il était resté debout le regard dans le vide, la bouche pendante, si bien que malgré l'attention portée aux chefs d'équipe qui donnaient les instructions, pas mal de personne le regardait curieusement.

Il reprit ses esprits à temps. Il n'y avait que lui et Mak de l'équipe d'intervention zone 5 ce jour là, et il n'avait donc pas d'instruction de groupe à donner. Il avait raté l'organisation des trois premières équipes mais à présent Bill Tcherno allait prendre la parole et l'attente dans le groupe de technicien devint palpable.
« Messieurs, bien que personne ici ne sache encore à quoi correspond cette diminution du volume de fumée, pas besoin d'être Sherlock Holmes pour deviner qu'il y a des boulons dans la soupe... l'équipe d'intervention 1 va donc partir examiner le réseaux hydraulique afin de vérifier qu'aucun acte de malveillance ne soit à l'origine de ce dérèglement. Pour les équipes 2 et 3 j'ai pas bien écouté mais ça sonnait stratégique. Moi et mon équipe on va contrôler les sous-sols -4 et -5. Histoire d'être sur  qu'aucuns prétendants au trône de rongideux 1er, ou autres, ne veuille du rab de pruneaux. j'me comprends. Je pense que tous les rôles ont été distribués, messieurs dispersez-vous mais surtout restez groupés. Les jeunes vous z'êtes trop jeune pour vous douter mais disons que j'ai pas envie d'un nouveau carnage à cause de l'amateurisme de certains. Y'a qu'les anciens qui saisissent les tenants et les z'aboutissement, ouais j'me comprends ».

Sur ce Bill tourna sur ses talons et s'élança dans l'air encore frais de la matinée finissante, les membres de son équipe en combinaison rouge sur ses talons. Ils n'avaient pas fait 10 mètres qu'une voix s'éleva du groupe des techniciens qui renâclaient à partir ; « et attendez ! L'équipe d'intervention zone 5, ils font quoi alors ? ».

Tous les regards convergèrent vers Mezouk et Mak qui, la tête rentrée dans les épaules, étaient en train de partir en douce en rasant le mur du bâtiment C.

Publié par argonautes à 11:52:07 dans Mezouk Agilix | Commentaires (3) |

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